Depuis plusieurs mois, nous traversons une période marquée d'incertitudes. L'une d'entre elles concerne la hausse des prix et sa durée. Pouvez-vous nous éclairer sur ce point ? G.E. : le niveau des prix fait en effet partie des sujets actuels de préoccupation des ménages et des investisseurs. L'inflation a atteint des sommets jamais observés depuis les années 70-80 et les consommateurs voient leur pouvoir d'achat diminuer lorsqu'ils achètent des denrées alimentaires ou encore règlent leur facture d'énergie.

Il est important de redonner deux éléments de contexte pour expliquer ce retour de l'inflation. Le premier est d'ordre statistique. Pendant la période de Covid-19, les prix étaient peu élevés, notamment en raison de la baisse de la TVA dans certains pays. La hausse des prix qui est ensuite intervenue a alors été d'autant plus importante que la base de comparaison relative à l'année d'avant était faible. Le second élément concerne les problèmes dans la chaîne d'approvisionnement liés à la pandémie, phénomène qui a d'ailleurs été exacerbé par le conflit en Ukraine et qui donne lieu à des pénuries de biens énergétiques et alimentaires. Un tel niveau de pénurie n'a d'ailleurs pas été enregistré depuis de nombreuses années.

Toutefois, nous estimons que l'inflation devrait franchir un point haut en septembre, voire en octobre dans la zone euro. Nous devrions ensuite aboutir à une normalisation avec un taux d'inflation aux alentours de 2 % d'ici fin 2023/début 2024.


Stagflation, récession, ralentissement… : qu'en est-il de la croissance économique aujourd'hui ? E.S. : lorsque l'on parle de stagflation, on décrit une croissance économique faible avec une inflation élevée sur plusieurs trimestres, voire plusieurs années. C'est ce que nous avons connu dans les années 70 avec des croissances de prix et de salaires élevées sur une très longue période : ce n'est pas le cas actuellement. Nous pouvons donc écarter ce scénario.

Nous ne sommes pas non plus en phase de récession économique. Aujourd'hui, nous connaissons une phase de ralentissement marquée par une baisse de l'activité mais cette tendance est temporaire. Par ailleurs, soulignons que les fondamentaux économiques restent sains en Europe.


Outre l'inflation, on constate également un retour à la hausse des taux. Cette tendance est-elle durable ? Quelles sont les conséquences sur les placements ? G.E. : ce retour à la hausse des taux d'intérêt est l'une des conséquences de la reprise de l'inflation. En effet, face à l'augmentation des prix, les banques centrales procèdent à un relèvement de leurs taux, ceci afin de stabiliser l'inflation aux alentours de 2 % à moyen terme.

Nous pensons néanmoins que cette politique de relèvement des taux n'est pas amenée à durer dans le temps. Ainsi, aux États-Unis, la Réserve fédérale ne devrait plus procéder à autant de hausses que prévu par les marchés financiers, et ralentir son rythme de hausse, même s'il faudra encore plusieurs mois d'inflation à la baisse pour que les taux baissent à nouveau, probablement vers la fin de l'année. En Europe, la Banque centrale européenne devrait augmenter ses taux courts aux alentours de 1,25 % d'ici la fin de l'année tandis que les taux longs (à 10  ans) ne devraient plus augmenter.

Les marchés financiers ont, quant à eux, une vision négative de la hausse des taux d'intérêt. Ils anticipent en effet encore de nouvelles augmentations, beaucoup trop nombreuses. Il apparaît clairement que les orientations à la hausse des taux seront un signal fort pour les marchés financiers. C'est pourquoi nous préférons rester aujourd'hui prudents sur les actions.


Abordons maintenant la question de l'épargne. Quels sont les placements qu'il est préférable de privilégier dans le contexte actuel ? E.S. : avant toute chose, rappelons que la diversification reste un principe essentiel à suivre pour composer son portefeuille. Il est en effet recommandé de diversifier son épargne entre différents supports de façon à limiter les risques liés à la volatilité des marchés.

Si l'on s'intéresse aux placements, on constate que beaucoup s'interrogent aujourd'hui sur l'opportunité de placer leur argent sur le Livret A dont le taux de rémunération est fixé en fonction de l'évolution des prix. Or, même avec un relèvement de son taux dans les prochaines semaines, son rendement réel reste toujours négatif, au regard du niveau de l'inflation. Placer son argent sur un Livret A revient en quelque sorte à perdre du pouvoir d'achat.

Pour ceux qui détiennent un contrat d'assurance vie, le seul investissement sur le Fonds en euros n'est pas non plus adapté. Il est en effet conseillé de diversifier son contrat en investissant dans des supports en unités de compte, ceci afin d'obtenir des rendements plus élevés. (Cliquez sur la rubrique "Focus" consacrée au Fonds en euros).

Comme Guy Ertz l'a mentionné précédemment, la prudence est nécessaire en matière de placements en actions. Tout dépend du secteur d'activité et seules les entreprises ayant la capacité de répercuter la hausse des prix dans leurs prix de vente pourront se démarquer et donc avoir une profitabilité élevée.

Parmi les secteurs porteurs, ceux des infrastructures et des matières premières industrielles sont à privilégier. Les besoins en matériaux, que ce soient pour les technologies de batteries, les énergies renouvelables ou encore les constructions d'immeubles à efficience énergétique, sont importants sur le long terme. Le potentiel de performance des fonds investis dans ces secteurs est donc élevé sur une longue période. C'est le cas également du secteur de l'alimentation durable dans lequel est investi le fonds BNP Paribas SMaRT Food (plus de détails sur sa gestion à la rubrique "Décryptage") ou encore des fonds spécialisés sur l'économie circulaire qui constitue un gisement d'opportunités (reportez-vous à la rubrique "En aparté" pour découvrir les atouts de l'économie circulaire et comment en profiter à travers le nouveau fonds à formule BNP Paribas Apollo Économie Circulaire II).

Autre secteur à considérer, celui de l'immobilier et plus particulièrement le marché des bureaux et des commerces, et ce, sur toute la zone euro. Pour y investir, vous avez la possibilité de le faire via les Sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) ou bien des fonds spécialisés sur l'immobilier. Cliquez sur la rubrique "Patrimoine" pour découvrir la SCPI Accès Valeur Pierre investie sur le marché parisien des immeubles de bureaux.

Enfin, les produits structurés peuvent aussi être particulièrement intéressants dans ce contexte. Certains d’entre eux permettent de s’exposer aux marchés actions tout en offrant une visibilité sur le gain potentiel, si les conditions de marchés sont réunies. Cela permet d’investir dans un placement au potentiel de rendement plus élevé que l’inflation.

 

• L'investissement en OPC est soumis aux fluctuations du marché et aux risques inhérents aux investissements en titres. La valeur de l’investissement et le revenu qu’ils génèrent peuvent enregistrer des hausses comme des baisses. Il se peut que les investisseurs ne récupèrent pas l’intégralité de leur placement. Les fonds peuvent enregistrer un risque de perte en capital totale ou partielle. Les performances et réalisations du passé ne sont pas indicatives des performances actuelles ou futures.

• Les montants investis sur les supports en unités de compte ne sont pas garantis mais sont sujets à des fluctuations à la hausse comme à la baisse dépendant en particulier de l’évolution des marchés financiers et/ou immobiliers. Les supports en unités de compte présentent donc un risque de perte en capital pouvant être partielle ou totale. L'assureur ne s'engage que sur le nombre d'unités de compte, mais pas sur leur valeur.

• L’investissement dans une SCPI est un placement à long terme (minimum 10 ans). Il doit être adapté à votre objectif patrimonial dans une optique de diversification. Il est important de connaître les risques liés à un investissement immobilier, notamment le risque de faible liquidité des parts. En outre, la valeur et les revenus des parts d’une SCPI ne sont pas garantis. Ils évoluent à la hausse comme à la baisse en fonction des fluctuations des marchés immobiliers. Le capital investi n’est donc pas garanti, ni le versement des revenus. Ainsi, l’investissement dans les parts de SCPI présente notamment un risque de perte totale ou partielle en capital.



• Avant d'investir au sein de votre Compte d'instruments financiers (CIF) et/ou de votre PEA, il est nécessaire de renseigner votre Profil Client disponible depuis votre espace personnel sur le site mabanque.bnpparibas ou sur l’application mobile Mes Comptes. Si vous souhaitez obtenir des recommandations pour votre choix d'investissement au sein de ces enveloppes, vous devez adhérer au préalable à la Convention de conseil en investissement et remplir le Profil de risque de votre CIF et/ou PEA, également disponible depuis votre espace personnel sur le site mabanque.bnpparibas ou sur l’application mobile Mes Comptes. Ainsi, vous pourrez bénéficier de conseils tenant compte notamment de votre projet, de vos horizons d'investissement et de votre appétence au risque. Vous pourrez retrouver dans la déclaration d'adéquation, qui vous sera remise, notre recommandation formalisant nos conseils d'allocation au sein de votre CIF et/ou PEA avec le niveau de risque défini pour ces enveloppes.

• Avant d'investir au sein de votre contrat d'assurance vie, il est nécessaire de renseigner votre Profil Client et votre Profil de risque attaché à votre contrat, disponibles depuis votre espace personnel sur mabanque.bnpparibas ou sur l’application mobile Mes Comptes. Vous pourrez alors bénéficier d'une proposition d'allocation adaptée à votre situation personnelle, à vos exigences et à vos besoins au sein de votre contrat d'assurance vie. Cette proposition formalise le caractère approprié de nos conseils au sein de cette enveloppe avec le niveau de risque défini.

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